Bénédicte Laumond und Fabien Jobard - AFSP-Kongress 2019, Bordeaux (2-4 Juli. 2019)

am 24. January 2019

6 min read duration


back to list

Vom 2. bis zum 4.7.2019 findet in Bordeaux (campus Pessac) der 15. Kongress der Französichen Vereinigung für Politikwissenschaft (Association Française de Science Politique, AFSP).

Kommende Vorträge von Teammitgliedern:

- Bénédicte Laumond und Fabien Jobard :


  3. Juli - "La juste peine des gens. Une enquête franco-allemande", im Rahmen der thematischen Sitzungen "Théories situées de la justice".

Abstract : "La justice est, on le sait, rendue au nom du peuple – au nom des gens, pourrait-on dire. Et ces gens, de leur côté, ne se privent pas de juger : si les sondages évoquent, de temps à autres, la réprobation de telle affaire par le public ou son adhésion à telle forme de peine, les travaux sur les espaces publics ont souligné combien le sens de la justice, de ce qui est dû et de ce qui est indu, est le moteur de tout un ensemble de griefs, voire de mobilisations. Notre communication vise à apporter quelque lumière sur la justice profane, plus précisément sur ce que les publics estiment appeler une punition, et la forme que prend cette punition. Complément d’un sondage en ligne mené en 2018 auprès de 2 échantillons représentatifs de 3000 Allemands et 3000 Français, dont nous présenterons les résultats les plus saillants, notre enquête consiste en un jeu de cartes présentant des petites historiettes consistant en un délit ou un crime, et un ensemble de peines parmi lesquelles nos interlocuteurs (2 échantillons non représentatifs de N Allemands et Français) devaient déterminer celles qui, à leurs yeux, convenait le mieux à chaque délit. Ces entretiens non directifs mettent en lumière le sens de la peine des Allemands et des Français. Dans notre présentation, nous tenterons de comprendre à quoi est indexé, chez les profanes, la juste peine. Nous essaierons en effet de saisir les objets, les êtres ou les concepts auxquels la juste peine renvoie chez les personnes interrogées : une peine est-elle juste parce que la personne jugée la mérite ? Une peine est-elle juste à la mesure du dommage ou de la douleur infligée ? Une peine est-elle juste au regard d’un principe général ou d’un bien ? Une peine est-elle juste parce qu’elle est, tout simplement, efficace ?"


  4. Juli - "Justes retours ? Anciens usagers et anciens condamnés jugent des cas fictifs d’infraction", im Rahmen der thematischen Sitzungen "Normes et Justice".

Abstract : "Faire l’expérience de la justice pénale ne laisse sans doute pas souvent un souvenir enchanté, car cette justice convoque soit la victime d’un délit, qui attend rétribution ou punition, soit l’auteur d’un délit, qui fait face au risque d’une condamnation. Il semble donc que cette expérience relève par excellence de l’expérience subie. Dans une tentative de confrontation des méthodes, nous présenterons dans notre communication le produit d’une enquête internationale (menée tant en France qu’en Allemagne) sur les représentations de la justice et du crime. L’enquête consiste en l’administration de petites vignettes présentant des délits (avec les circonstances et leurs auteurs) et consistant à prononcer une peine (ou une relaxe). L’enquête quantitative consiste en un sondage en ligne (2 échantillons représentatifs de 3000 Allemands et 3000 Français, ainsi que 1750 magistrats allemands et français), l’enquête qualitative en une série de dialogues (N = 60) non directifs autour des mêmes cas et avec les mêmes peines. Dans notre communication, nous nous efforcerons de montrer dans quelle mesure les représentations générales de la justice pénale (volet secondaire de l’enquête par sondages) apparaissent comme les éléments les plus déterminants, dans la plupart des infractions soumises au jugement des profanes, des peines prononcées : la peine prononcée, avancerons-nous dans une première approche, est moins dépendante de la nationalité et autres facteurs socio-démographiques, que de la cohérence idéologique autour des représentations du fonctionnement de la justice (du fonctionnement, plus que de ses finalités). Puis, nous essaierons d’articuler ces résultats tirés des sondages aux entretiens non-directifs autour des mêmes peines et infractions. Nous tenterons de mettre au jour la cohérence non plus des peines, mais des raisonnements qui conduisent aux peines, avec les représentations générales de la justice qui se dégagent des entretiens. Un regard particulier sera consacré aux entretiens menés avec les Allemands et les Français qui ont fait l’objet de condamnations judiciaires."

 

- Fabien Jobard :


"Vieillir, est-ce punir ?", im Rahmen der thematischen Sitzung "Renouvellement générationnel et transformations politiques".

Abstract : "De l’âge en politique on sait au moins deux choses. Avec l’âge augmente l’inclination aux positions conservatrices, étagée selon les cohortes ou les générations d’appartenance. Mais avec l’âge augmente également le sentiment d’insécurité, relation mise en avant depuis les travaux de Sebastian Roché dans la région grenobloise au début des années 1980 jusqu’aux enquêtes longitudinales en Ile-de-France de Renée Zauberman et Philippe Robert. La réunion de ces deux propriétés devrait avoir des effets sensibles sur les valeurs pénales et, plus précisément, sur la « punitivité » des classes d’âge élevées. Or ce n’est pas ce que notre enquête semble montrer. Celle-ci consiste en un sondage en ligne mené début 2018 auprès de 2 échantillons représentatifs de 3000 Allemands et 3000 Français (ainsi qu’environ 1500 magistrats des deux pays). Le sondage recueille les valeurs générales des citoyens sur la justice et la peine (travail de la justice, peine de mort, efficacité de la peine, finalités de la peine, etc.) et sur quelques valeurs politiques générales (auto-positionnement sur une échelle gauche-droite, etc.) mais sa partie la plus substantielle consiste en un dispositif de cas fictifs. Les répondants ont été confrontés aux mêmes historiettes (N = 14) présentant des délits de petite et moyenne criminalité, à l’issue desquelles ils devaient choisir une peine, une sanction ou une alternative aux poursuites parmi 9 proposées. L’objet de notre communication est d’examiner s’il y a effet d’âge dans les préférences pénales. Cela passe par deux dispositifs. Le premier consiste, au moyen d’une analyse des correspondances multiples, de distinguer les effets des classes d’âge sur l’ensemble des cas réunis. Le deuxième consiste à déterminer si, cas par cas, l’âge est un déterminant toutes choses égales par ailleurs de telle ou telle peine (analyses de régressions logistiques binomiales sur la peine retenue). A ce jour, il semble que les classes d’âge élevées se distinguent en deux choses : comme attendu, mais sur certains délits seulement, une préférence plus marquée pour l’emprisonnement ferme ; mais souvent aussi, une préférence marquée pour le travail d’intérêt général, témoin vraisemblable d’une confiance plus grande dans la finalité resocialisatrice de la peine. "


back to list